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26/06/09 :  Elections Européennes par Marcelle Termolle

 

 

 

 

Europe : je t’aime, moi non plus.

 

Entre un scrutin où près de 60 pour cent des Français se sont abstenus et le succès des deux formations politiques qui ont mené campagne sur le thème de l’Europe, que penser ?

 

Au Parlement Européen le centre droit sort gagnant de l’élection. Les conservateurs intensifient leur campagne en faveur de Manuel Barroso, candidat à sa propre succession pour un deuxième mandat. Mais il manque une centaine de voix aux élus du PPE (263 députés) pour imposer leur candidat à la présidence de la Commission.

A gauche, Daniel Cohn Bendit, avec 52 élus doit convaincre largement au-delà de la gauche Les socialistes réduits à 161 députés ne feront pas avec les Verts, une majorité contre Barroso.

« La preuve est faite que la réponse à la crise économique doit être aussi une réponse écologique» déclarait Daniel Cohn Bendit à « Libération. »Encore que cette réponse demeure à inventer. Le combat pour la présidence de la Commission sera essentiel. D’autre part les rapports de force dans la nouvelle assemblée restent à établir face à une droite renforcée.

 

Au plan français, les partis qui ont voulu faire de cette élection un scrutin sanction pour la majorité présidentielle se sont trompés de combat. C’est certain. Le parti socialiste incapable de proposer aux Français une alternative crédible n’a pas réussi à recueillir les fruits de la crise et sort plus affaibli que jamais de la confrontation. L’image du Modem s’est brouillée dans un combat monomaniaque contre le président Sarkozy. En revanche, l’UMP a recueilli les fruits de la présidence française de l’Union et les Ecologistes qui ont fait une campagne basée sur l’Ecologie et l’Europe apparaissent comme la force de gauche désormais incontournable

C’est, sur l’échiquier politique de la France, une position redoutable pour un parti qui doit encore se construire et surtout élaborer un vrai projet d’opposition. Rassembler autour de personnalités aussi charismatiques et différentes que José Bové, Daniel Cohn Bendit et Eva Joly- lesquels ne sont même pas en accord sur le projet de traité de Lisbonne sensé organiser la gouvernance de l’Union- ne sera pas aisé.

Et, si l’on salue cette belle victoire, on se dit aussi que tout reste à faire.

 

Le scrutin dans le Languedoc –Roussillon se caractérise par une radicalisation des tendances nationales. Les chiffres de l’abstention atteignent des records. Le Parti Socialiste accuse davantage le coup .Les Verts deviennent la deuxième force politique de la région. La majorité présidentielle profite plus qu’ailleurs de l‘image incertaine du Modem. Et l’on peine à imaginer l’avenir.

Certes, ce scrutin l’a prouvé, on ne peut extrapoler une élection européenne à une élection régionale. Mais l’affaiblissement du Parti Socialiste ouvre la porte à toutes les ambitions personnelles au sein de ce parti au risque de le diviser davantage. Le reste de la gauche est émietté. L’image brouillée du Modem laisse une droite omniprésente et omnipotente sans contrepoids crédible. Les Ecologistes rassemblés autour d’un succès doivent encore construire un vrai projet de société qui transcende l’écologie et s’attaque à tous les problèmes politiques, économiques, sociaux et environnementaux.
 

Au XX siècle, le Parti Socialiste apporta des réponses à une société industrielle en expansion en organisant un contrepoids à un libéralisme exacerbé. On attend de L’Ecologie Politique qu’elle apporte des réponses à une société post industrielle à la dérive. Elle doit Inventer les réponses adéquates aux impasses de la dérégulation, aux inégalités sociales Contrainte d’instaurer un vrai dialogue Nord –Sud, il lui appartient de dissocier le pouvoir de l’argent des intérêts de ses citoyens et de concilier les progrès de la technologie sans y asservir les hommes.

Une sorte de « Nouvelle Alliance ».

 

Marcelle Termolle